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Les différents vins

Conventionnel, bio, biodynamie, méthode nature : quelles différences ?

Quel challenge de choisir le vin idéal pour un apéro entre amis ou pour accompagner le repas du dimanche midi. Il était déjà difficile de se décider entre les couleurs, les styles et les appellations et c’est alors que maintenant un nouveau paramètre est à prendre en compte : la méthode de production. Vin conventionnel, bio ou biodynamique et vin « méthode nature ». Comment choisir parmi tous ces labels et certifications ? Quelles sont leurs différences ? Pas de panique, Vinsta est là et t’explique tout dans cet article !

Bien qu’ils aient chacun un cahier des charges différent pour la culture de la vigne ainsi que pour la vinification, la première information qu’il faut que tu saches, que le vin soit certifié bio, biodynamique ou selon la « méthode nature », aucun pesticide issu de la chimie de synthèse n’est autorisé dans les vignes.

Autre point important, un vin nature élaboré selon la « méthode nature » exige que le raisin soit certifié bio, vendangé à la main et vinifié sans intrants œnologiques.

Mais alors, quelles sont vraiment leurs différences ?

Le vin conventionnel

88 % des vignes en France sont en conventionnel (1). Cela signifie que dans leurs vignes, les vignerons peuvent utiliser, si besoin, des produits de synthèse ou naturels pour désherber ou pour soigner les vignes contre des maladies telles que le mildiou ou l’oïdium.

Au chai, lors de la vinification (transformation du jus de raisin en vin), les vignerons peuvent aussi utiliser des intrants œnologiques pour accompagner leurs vinifications (régulateur d’acidité, agent clarifiant). Ils ont pour effet de sécuriser la fermentation des moûts et de stabiliser les vins avant la mise en bouteille. Par exemple, des sulfites peuvent y être ajoutés pour éviter des refermentations et sécuriser le vin lors de son transport et dans sa garde. Une quantité stricte d’intrants œnologiques et d’additifs alimentaires à utiliser lors l’élaboration d’un vin sont lister dans les différents cahiers des charges.

De plus en plus de domaines s’engagent dans une viticulture plus respectueuse de leurs terroirs, en diminuant ainsi les doses des traitements phytosanitaires. Un label gouvernemental a d’ailleurs été mis en place pour certifier cette pratique d’une agriculture raisonnée, c’est le label HVE pour Haute Valeur Environnementale.

1)En 2018, la part du vignoble en bio était de 12% – Agence Bio

Le vin bio

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Facile à reconnaître avec son fameux logo AB vert accompagné du logo européen, la feuille verte étoilée. D’ailleurs, si le logo AB du ministère de l’agriculture n’est pas obligatoirement indiqué sur une bouteille de vin, sachez que le logo européen le sera.

Pour qu’un domaine soit certifié bio, il faut que l’exploitation viticole respecte vigoureusement le cahier des charges de la viticulture mais également celui de la vinification biologique depuis 2012. S’il te reste quelques vieilles bouteilles datant d’avant 2012, sache que seule la viticulture était certifiée biologique à cette époque.

Seuls des produits naturels et quelques intrants sont autorisés dans le travail et les traitements de la vigne. Le désherbage se fait mécaniquement (griffage, labour) et pour les maladies fongiques comme le mildiou, c’est une solution à base de cuivre qui est utilisée, la bouillie bordelaise (produit phytosanitaire naturel).

Pour la vinification, le cahier des charges autorise une quantité plus faible d’intrants œnologiques et d’additifs alimentaires que ceux des vins conventionnels. D’ailleurs, « autoriser » ne veut pas forcément dire utiliser, les vignerons ne sont donc pas dans l’obligation de tous les utiliser. Quant aux sulfites leurs quantités sont elles aussi plus restreintes que dans un vin conventionnel.

Afin de pouvoir être certifié et ainsi obtenir le logo AB sur leurs cuvées, les vignerons doivent effectuer une période de conversion d’une durée de 3 ans et respecter des contrôles par des organismes assermentés comme Ecocert. En 2018, 12% du vignoble étaient convertis ou en conversion à l’agriculture biologique.

Le vin biodynamique

La biodynamie c’est un peu le mot à la mode en ce moment. Tu as déjà dû l’entendre chez des amis ou chez le caviste car c’est une agriculture de plus en plus répandue chez les vignerons.

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La biodynamie est une agriculture biologique avec un cahier des charges plus strict que l’agriculture biologique classique. L’objectif de cette pratique est d’apporter un soin tout particulier au travail du sol, indispensable pour créer une vie microbienne abondante (vers de terre, insectes et petits animaux) qui aérera les sols et créera un équilibre de la biodiversité. Pour y arriver, les vignerons en biodynamie concoctent, par exemple, des préparations très précises à base de compost de bouse de vache et de plantes telles que la tisane d’orties ou la décoction de prêle, qu’ils épandront sur leurs sols. Ces préparations peuvent être utilisées pour combattre les maladies. D’autres produits naturels peuvent encore être utilisés mais ils doivent eux aussi être issus d’une agriculture biologique.

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Pour la vinification, là aussi, le cahier des charges est nettement plus strict. En effet, il autorise encore moins d’intrants que l’agriculture biologique dans l’élaboration du vin. Aucune levure ne peut être ajoutée lors de la fermentation, elle doit se faire naturellement, grâce aux levures indigènes présentent sur les raisins. Enfin, les doses de sulfites sont encore plus réduites que dans l’agriculture biologique.

Deux organismes certifient les domaines en biodynamie : Biodyvin et Demeter, qui recensent aujourd’hui en France plus de 553 vignerons, soit moins de 1% de la surface viticole cultivée.

Le vin méthode « nature »

Le vin nature est un vin de plus en plus répandu chez les cavistes spécialisés. En effet, de nombreux vignerons se tournent vers cette élaboration non interventionniste. Le vin « méthode nature » est le tout nouveau label validé par les instances publiques (en février 2020 par la DGCCRF et l’INAO) et géré par le Syndicat de Défense des Vins Nature’l.

logo_natureLe vin « méthode nature » doit être certifié au minimum « agriculture biologique » et peut aussi être certifié « biodynamie ». Le vigneron n’utilise aucun intrant œnologique ou additif alimentaire lors de l’élaboration de son vin ! Si besoin, le vigneron pourra quand même utiliser une dose infime de sulfites, pour protéger le vin contre l’oxydation ou contre une potentielle refermentation une fois le vin mis en bouteille.

50 vignerons ont déjà adhéré à ce syndicat pour avoir le droit d’apposer sur leurs étiquettes la mention « Vin méthode nature ».

Les sulfites, c'est quoi exactement ?

Soufre, SO2, dioxyde de soufre ou sulfites : c’est la même chose. Quelle que soit la méthode de production utilisée pour l’élaboration du vin, les sulfites sont présents naturellement dans le vin : pendant la fermentation des raisins, les levures en produisent naturellement. Des sulfites sont parfois ajoutés au vin à plusieurs étapes de la vinification. C’est un produit antiseptique et antioxydant qui « désinfecte » le vin et évite qu’il ne s’oxyde. Par exemple, il permet de se débarrasser de certaines levures non désirables telles que les brettanomyces (responsables des odeurs « d’écuries »). Au moment de la mise en bouteille, on ajoute des sulfites pour contrôler la fermentation et stabiliser le vin. Le vin pourra ainsi être transporté plus facilement, sans risque de potentielles refermentations. A trop fortes doses, les sulfites altèrent l’expression aromatique du vin et peuvent gêner les personnes intolérantes. Il est obligatoire de les mentionner sur la bouteille à partir de 10 mg/l.

Même si un domaine en agriculture conventionnelle peut utiliser jusqu’à 150 mg/ litre de soufre, rien n’empêche le vigneron de recourir aux mêmes quantités que celles employées dans l’agriculture biologique ou biodynamique.

Voici un tableau des doses maximales de sulfites autorisés selon le mode de production (en mg/litre) :

Vin conventionnel Vin biologique Vin biodynamique Vin « nature »
Vin rouge 150 100 70 30
Vin blanc 200 150 90 30
Vin rosé 200 150 90 30
Vin effervescent 235 155 100 30
Vin « moelleux » 300 220 200 30

En résumé :

-Le vin conventionnel représente 88 % de la production de vin. Les vignerons peuvent avoir recours, si besoin, à des produits de synthèse pour sécuriser leurs récoltes.

-Qu’il soit bio, biodynamique ou « méthode nature », la culture de la vigne peut également utiliser des produits phytosanitaires mais uniquement d’origine naturelle. C’est un risque que les vignerons prennent.

-Ils ont plus ou moins de sulfites selon leur nature !

Cet article a été rédigé par Willy Kiezer. Découvre Ni Bu Ni Connu le média indépendant qu’il a créé sur le vin 🍷